Si facile de mourir

Si facile de mourir, si difficile à vivre. Quel choix prendre? Moi, j'ai pris celui de la facilité, celui de la lâcheté: j'ai choisi de mourir. J'ai aimé lorsque c'était la machine qui me faisait respirer. Je n'avais plus mal, je ne sentais rien, j'étais au paradis. Mais même Dieu n'a pas voulu de moi, il m'a rejetée en bas en pénitence à cinq minutes et je traversais, je voyais les personnes en bas de moi. Lorsque qu'après 11 jours de coma profond j'ai commencé à me réveiller, j'étais révoltée contre cette malchance mais après avoir vu le chagrin et la peur que j'avais occasionnés à ceux que j'aime et qui m'aiment, je me suis trouvée en plus, très égoïste. J'avais laissé plein de pages blanches. Pour ceux qu'on aime et qui nous aiment, il faut avoir le courage de vivre pour eux, se battre. Je me suis fait un paradis dans ma tête où il y a un chemin parsemé d'étoiles et de pétales de rose qui, lorsque sera le temps pour moi d'y retourner, me guideront à la bonne place, celle où je suis allée et pour tous ceux qui n'ont pas le choix, seront reçus avec ma tendresse. J'ai toujours aussi peur de vivre, pas peur de mourir, mais peur de faire du chagrin. Si vous ne vous sentez pas bien, lancez des appels à l'aide. Il faut attendre comme au guichet, chacun son tour. Je vous envoie à tous, plein de petits bonheurs qui s'accumulent dans la journée et qui, le soir venu, en deviennent un énorme. Je me suis retrouvée en fauteuil, je suis handicapée maintenant mais j'ai la joie dans les regards autour de moi, celle dont je vois la vie!

(angebleu)